Extrait vidéo

Extrait du journal ICI 19/20 – Marseille (France 3) du 1er septembre 2026.

Transcription

Dans le 14e arrondissement, comme nulle part ailleurs à Marseille, le portail de l’école élémentaire Sinoncelli est resté fermé en cette journée de rentrée. Les enseignants sont à bout. Depuis trop longtemps, ils dénoncent leurs conditions de travail et les conditions d’accueil des 434 élèves.

« Il manque six espaces de classe dans l’école : par exemple trois salles de classe, une bibliothèque, une salle informatique, une salle d’arts plastiques… ça peut exister, dans les écoles. »

Les classes ont donc accueilli ce mardi matin des représentants de l’Éducation nationale, des parents d’élèves, le corps enseignant, des élus et des membres de la municipalité. Pas de commentaire de ces derniers à la sortie.

« — Passez par le service presse. — Nous, on est venus à votre rencontre… — Le service presse ne répond pas. »

À tout juste un kilomètre de là, le maire de Marseille accompagnait la rentrée des écoliers de Clair-Soleil. Interrogé sur la situation de l’école voisine, Benoît Payan a évoqué la demande de préfabriqués, réclamés en solution temporaire : « Il n’y a pas de supermarché d’Algeco, je ne peux pas les acheter comme ça, je dois passer par des règles, parce que sinon je me retrouve devant le juge. Alors je sais que ça n’intéresse pas les enseignants, mais moi, oui. »

Les attentes dépassent pourtant cette requête de secours, et un sentiment d’abandon et de tristesse habite aujourd’hui les parents d’élèves : « Nous, nos enfants, on a l’impression qu’ils sont abandonnés, en fait. On se dit qu’ils ne méritent pas… Moi je suis triste pour nos élèves et pour l’équipe enseignante, parce qu’ils le subissent. Il y a des élèves, des profs qui sont là depuis presque vingt ans. Moi, personnellement, ça fait dix ans que j’attends de voir cette école être une école normale. »

Les professeurs espèrent pour leur part que la situation de leur école, dans un territoire à l’indice de position sociale le plus bas de France, soit prise en compte : « 25 % des élèves de l’enseignement public de Marseille sont concentrés dans le 13-14, mais on n’a pas… » (fin de l’extrait)

Le « supermarché d’Algeco » existe

Contrairement à ce qu’affirme Benoît Payan, le « supermarché d’Algeco » existe bel et bien : la location de salles de classe modulaires coûte moins de 40 000 € par classe et par an.

Un cas réel chiffré : Roquebrune-sur-Argens (2023)

La commune a passé un marché de location de bâtiments modulaires pour créer six salles de classe provisoires (extension du groupe scolaire de la Bouverie), sur 18 mois y compris préparation et livraison, pour une valeur estimée de 300 000 € HT. Soit environ 50 000 € HT par classe pour 18 mois, ou ~2 800 € HT par mois et par classe, transport, montage et enlèvement inclus. C’est cohérent avec le haut de la fourchette des prix catalogue (20 à 50 €/m²/mois).

À un moment donné, faut arrêter de se foutre de notre gueule.

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