La “Fête des écoles” est de retour le 21 juin, annonce fièrement la Ville de Marseille. Mais de quelle fête parle-t-on ? Celle où l’on confond école publique et école privée ? Celle qui remplace l’ambition éducative par une kermesse finalement sur le Vieux-Port ?




Jusqu’en 2017, la Fête des écoles publiques de Marseille faisait vibrer le Vélodrome. 10 000 élèves, des semaines de préparation pédagogique, des tableaux vivants porteurs de sens, 40 000 spectateurs. Une célébration populaire de l’ÉCOLE PUBLIQUE.
Aujourd’hui ? Un melting-pot “écoles publiques & privées”, quelques jeux, un concert. Du spectacle, oui. De la politique éducative, non. Du marketing urbain, oui. De la reconnaissance des enseignants, non.
En effaçant la spécificité de l’école publique, on gomme aussi ses valeurs : la gratuité, l’universalité, l’émancipation. Une école construite par tous, pour tous, sans tri social ni appartenance confessionnelle.
Cette fête du 21 juin, c’est l’école pensée comme vitrine. Pas comme levier de justice sociale. Elle est pensée à hauteur de communication, pas à hauteur d’enfants. Elle reflète une vision municipale de l’école à projets, pilotée par l’événementiel.
Marseille mérite mieux qu’un “village éducatif” scénographié. Elle mérite une politique scolaire qui assume ses choix, qui met les moyens, qui reconnaît l’école publique comme pilier de la République.
La vraie fête des écoles, c’est celle qui part des enfants, des classes, des projets pensés et vécus toute l’année. Pas un show centralisé, déconnecté, confondu avec la fête de la musique.
L’école publique n’est pas un décor.
C’est une promesse.
Publié à l’origine sur X (Twitter) le 07/05/2025 — fil de 7 messages.